VALENTIN Grégory

À propos de l'artiste

Architecte de formation, designer et photographe de métier, Grégory Valentin en tant qu’artiste, est dans une posture nécessairement composite : discipliner, contenir, mettre en forme l’accident qu’il induit dans son matériau. Quelque chose de cet ordre – ou de ce chaos. La production d’un « especedelivre » est une incarnation de la triade de l’Art : comme activité pratique, virtuose et expérimentale. Un incessant va-et-vient – ou lente vibration – entre confection vernaculaire et modernité, système et exception, matérialité et virtualité. Ce matériau, Grégory Valentin l’emprunte aux grands auteurs et aux classiques, chargé qu’il est de leur pensée, de leur histoire. Le texte est en apparence aseptisé par sa nature numérique, mais possède, en germes, d’infinies potentialités. Puis il est étalé précautionneusement, une gaze tissée sur un champ opératoire virtuel : espèce d’espace de travail. Dès lors, il s’agit de « nouer un accident » sur le long fil d’Ariane et d’observer comment ce déséquilibre originel se répercute dans l’entièreté du système. Ici, le concept naît d’une habile expérimentation : maintenir l’accident à la température de sa propre destruction. Car il est programmé, systématisé, subtilement paramétré jusqu’à le cristalliser en motif. Du lisible émerge un thème jusque là invisible. Mais qu’en est-il de ce choix originel, ce premier battement d’aile provoquant la tempête ? C’est ici, précisément, que se loge le « je » de l’artiste  et donc le « jeu » de l’observateur. Grave et pourtant délicat, intime autant qu’universel, le sujet de chaque «especedelivre» fraye son chemin de l’œil à l’âme. D’autant que le visiteur peut interagir avec le support. Telle une simple rencontre, chaque pas vers l’œuvre en change l’échelle, la perception. Et l’onde.

Tristan BACRO

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Plasticien